# Architecture x86 Et x64 Expliquées en Toute Simplicité

Lorsque vous téléchargez un logiciel, un pilote ou une image ISO de Windows, vous rencontrez inévitablement les termes x86 et x64. Ces appellations ne sont pas de simples étiquettes marketing, mais désignent deux architectures processeur fondamentalement différentes qui déterminent la manière dont votre ordinateur traite l’information. Comprendre cette distinction est essentiel pour choisir la bonne version d’un programme, optimiser les performances de votre système et éviter les incompatibilités frustrantes. L’architecture x86 représente l’héritage des processeurs 32 bits qui ont dominé l’informatique personnelle pendant plus de deux décennies, tandis que x64 incarne l’évolution vers le 64 bits, offrant des capacités mémoire considérablement accrues et des performances optimisées pour les applications modernes. Aujourd’hui, alors que Windows 11 abandonne définitivement le support x86, cette transition marque un tournant historique dans l’informatique grand public.

Architecture des processeurs x86 : origines et spécifications techniques du jeu d’instructions intel 8086

L’architecture x86 constitue le fondement de l’informatique personnelle telle que nous la connaissons. Cette dénomination tire son origine d’une lignée de processeurs Intel dont les références se terminaient par « 86 », établissant ainsi une nomenclature qui perdure encore aujourd’hui dans le vocabulaire technique. Cette architecture repose sur un principe CISC (Complex Instruction Set Computing), permettant au processeur d’exécuter des instructions complexes en un seul cycle, contrairement aux architectures RISC qui privilégient des instructions simples mais nombreuses.

Histoire du processeur intel 8086 et naissance de l’architecture 16 bits

Le processeur Intel 8086, lancé en 1978, marque la naissance de l’architecture x86. Ce microprocesseur révolutionnaire fonctionnait en 16 bits et pouvait adresser jusqu’à 1 Mo de mémoire, une capacité considérable pour l’époque. Son successeur, le 8088, a été choisi par IBM pour équiper le premier PC en 1981, établissant ainsi la domination d’Intel sur le marché des ordinateurs personnels. Cette décision stratégique a créé un écosystème logiciel et matériel dont l’influence persiste aujourd’hui.

Le 80286, introduit en 1982, apporte le « mode protégé » qui améliore significativement la gestion de la mémoire et la sécurité du système. Puis vient le 80386 en 1985, premier processeur véritablement 32 bits de la lignée, capable d’adresser 4 Go de mémoire et d’exécuter plusieurs tâches simultanément de manière efficace. Cette évolution vers le 32 bits représente un bond technologique majeur, permettant aux systèmes d’exploitation comme Windows NT de proposer un environnement multitâche robuste.

Registres, modes d’adressage et espace mémoire limité à 1 mo

Les processeurs x86 utilisent un ensemble de registres internes pour stocker temporairement les données et les adresses mémoire pendant les opérations. Dans l’architecture 32 bits classique, ces registres ont une largeur de 32 bits, ce qui signifie qu’ils peuvent contenir des valeurs comprises entre 0 et 4 294 967 295. Cette limitation a des conséquences directes sur la quantité de mémoire RAM que le système peut adresser : 2³² octets, soit exactement 4 Go.

Le mode d’adressage segmenté, hérité des premiers processeurs

Le mode d’adressage segmenté, hérité des premiers processeurs 16 bits, combine un segment et un offset pour former une adresse physique. Concrètement, la mémoire est découpée en segments de 64 Ko, et chaque segment est pointé par un registre spécifique (CS, DS, SS, ES, puis plus tard FS et GS). Cette organisation permettait au 8086 d’accéder à 1 Mo de mémoire malgré des registres d’adresse sur 16 bits, au prix d’une certaine complexité pour les systèmes d’exploitation et les compilateurs. Ce modèle a profondément influencé la conception des premiers systèmes MS‑DOS et des premières versions de Windows, qui devaient jongler avec ces segments pour gérer les programmes et leurs données.

Avec l’arrivée du 80386 et du véritable mode 32 bits, l’architecture x86 introduit un mode dit plat (flat model) dans lequel l’espace mémoire est vu comme un bloc linéaire unique. Néanmoins, la compatibilité avec le mode segmenté reste présente dans le matériel pour assurer l’exécution de logiciels plus anciens. Cette compatibilité ascendante est l’une des caractéristiques clés de la famille x86 : un processeur moderne sait toujours, en théorie, exécuter du code conçu pour un 8086, ce qui explique la longévité exceptionnelle de ce jeu d’instructions.

Compatibilité ascendante : du 80286 au pentium et processeurs modernes

La force de l’architecture x86 réside dans sa compatibilité ascendante : chaque nouvelle génération de processeur ajoute des fonctionnalités sans rompre avec les anciennes. Le 80286 introduit le mode protégé, mais sait toujours exécuter du code 8086 en mode réel. Le 80386 étend les registres à 32 bits et apporte la mémoire virtuelle paginée, tout en conservant la possibilité de repasser en mode 16 bits pour les anciens systèmes. Cette philosophie de continuité a permis aux entreprises de protéger leurs investissements logiciels et aux développeurs de migrer progressivement vers de nouvelles capacités.

Avec les générations suivantes (80486, Pentium, Pentium Pro, Pentium II/III), Intel et les autres fabricants ajoutent des caches de plus en plus volumineux, le pipeline, puis le superscalaire et l’exécution hors ordre. Parallèlement, de nouveaux jeux d’instructions apparaissent (MMX, SSE, SSE2…) pour accélérer des tâches spécifiques comme le multimédia ou le calcul scientifique. Pourtant, au cœur de ces processeurs ultra‑complexes, on retrouve toujours le même socle x86, capable d’exécuter du code compilé plusieurs décennies auparavant. Les processeurs modernes Intel Core et AMD Ryzen restent ainsi, fondamentalement, des descendants des premiers 8086.

Cette continuité a toutefois un coût : l’architecture x86 doit intégrer un grand nombre de modes de fonctionnement, d’extensions historiques et de mécanismes de compatibilité. D’un point de vue conception, un CPU x86 est bien plus complexe qu’un processeur RISC moderne comme ARM. Mais du point de vue de l’utilisateur, cet héritage garantit qu’un logiciel Windows 32 bits écrit au début des années 2000 fonctionne encore aujourd’hui sur un PC récent, ce qui est un avantage majeur pour les environnements professionnels.

Applications 32 bits et système d’exploitation windows 32-bit (x86)

Lorsque l’on parle de Windows x86, on fait généralement référence aux versions 32 bits de Windows, conçues pour fonctionner sur des processeurs x86 32 bits (et, par compatibilité, sur des processeurs 64 bits en mode 32 bits). Windows 95, 98, XP 32 bits et plus tard Windows 7 et 10 en édition 32 bits reposent tous sur ce modèle. Les applications 32 bits utilisent des pointeurs de 32 bits, ce qui limite directement l’espace d’adressage à 4 Go, dont une partie est réservée au noyau du système. En pratique, chaque programme utilisateur dispose souvent d’environ 2 à 3 Go de mémoire utilisable, ce qui devient vite insuffisant pour les logiciels modernes de montage vidéo, de CAO ou les jeux récents.

Historiquement, l’édition x86 de Windows a dominé le marché grand public jusque vers le milieu des années 2000, car la plupart des PC disposaient de 512 Mo à 2 Go de RAM. Dès que la mémoire installée dépasse 4 Go, les limites structurelles du 32 bits deviennent un frein : même si vous ajoutez 8 Go de RAM à une machine, un Windows 32 bits ne pourra de toute façon pas les exploiter pleinement. C’est précisément pour dépasser cette barrière qu’est apparue l’architecture x64, souvent désignée par les termes x86‑64 ou AMD64, qui va progressivement remplacer le 32 bits dans l’univers Windows.

Architecture x64 (AMD64/x86-64) : extension 64 bits et révolution des processeurs modernes

L’architecture x64, également appelée x86‑64 ou AMD64, est une extension 64 bits du jeu d’instructions x86. Plutôt que de repartir de zéro comme l’avait tenté Intel avec Itanium, AMD a choisi au début des années 2000 de faire évoluer l’existant. Résultat : un processeur x64 sait exécuter nativement du code 64 bits tout en restant compatible avec les applications 32 bits et 16 bits en mode approprié. Pour l’utilisateur, cette continuité se traduit par une transition relativement transparente vers le 64 bits : installer un Windows x64 permet de profiter de plus de mémoire et de meilleures performances sans perdre l’accès à la majorité des logiciels historiques.

AMD opteron et athlon 64 : premiers processeurs x86-64 commerciaux

En 2003, AMD lance les premiers processeurs compatibles x86‑64 : les Opteron pour les serveurs et les Athlon 64 pour le grand public. Ces processeurs introduisent le mode 64 bits tout en conservant la possibilité d’exécuter du code x86 32 bits classique. C’est un tournant majeur : contrairement à Itanium, qui exigeait des logiciels spécialement recompilés et offrait peu de compatibilité, AMD64 permet aux entreprises et aux utilisateurs particuliers d’adopter progressivement le 64 bits. Les systèmes d’exploitation comme Windows XP Édition 64 bits, puis surtout Windows Vista et Windows 7, vont tirer parti de ces capacités étendues.

Face au succès de cette approche pragmatique, les fabricants de serveurs et de stations de travail adoptent massivement les processeurs AMD64 pour leurs machines haut de gamme. La possibilité de dépasser simplement la limite des 4 Go de RAM, tout en continuant à exécuter des applications 32 bits existantes, constitue un argument décisif. Dans le même temps, les logiciels professionnels les plus gourmands (bases de données, logiciels de rendu 3D, virtualisation) commencent à proposer des versions optimisées pour le 64 bits, capables d’exploiter davantage de mémoire et les nouveaux registres.

Intel EM64T (extended memory 64 technology) et adoption du standard AMD64

Initialement, Intel misait sur l’architecture Itanium (IA‑64) pour succéder au x86, mais le manque de compatibilité et la complexité du portage logiciel ont limité son adoption. Devant le succès commercial d’AMD64, Intel finit par adopter une extension 64 bits compatible, d’abord nommée EM64T (Extended Memory 64 Technology), puis simplement Intel 64. En pratique, Intel 64 et AMD64 désignent aujourd’hui le même standard x86‑64, avec seulement quelques différences historiques mineures. Cette convergence a permis aux systèmes d’exploitation et aux développeurs de cibler une seule architecture 64 bits commune aux processeurs AMD et Intel.

À partir du milieu des années 2000, tous les processeurs grand public Intel Core et AMD Athlon/Phenom sont compatibles x64. Windows, Linux et les autres systèmes d’exploitation majeurs proposent alors systématiquement des éditions 64 bits. Progressivement, les OEM (constructeurs de PC) préinstallent presque exclusivement Windows x64 sur les nouvelles machines. Aujourd’hui, si vous achetez un PC de bureau ou un ordinateur portable, il est pratiquement acquis qu’il s’agit d’un processeur compatible x64 et que le système d’exploitation livré est également en 64 bits.

Registres étendus, espace d’adressage théorique de 16 exaoctets

Sur le plan technique, le passage au 64 bits ne se limite pas à l’augmentation de la taille des adresses mémoire. L’architecture x64 introduit également de nouveaux registres à usage général, passant de 8 à 16 registres (RAX, RBX, RCX, RDX, RSI, RDI, RBP, RSP, puis R8 à R15), tous élargis à 64 bits. Pour un compilateur ou un codeur bas niveau, disposer de plus de registres signifie moins de recours à la mémoire pour stocker des valeurs temporaires, ce qui améliore la performance globale des applications intensives. C’est un peu comme passer d’un bureau avec 8 tiroirs à un bureau avec 16 tiroirs : on a moins besoin de se lever pour aller chercher des dossiers dans l’armoire.

En théorie, un processeur 64 bits peut adresser jusqu’à 264 emplacements mémoire, soit 16 exaoctets (16 milliards de Go). En pratique, aucun système grand public n’atteint une telle capacité : les limites sont fixées par le contrôleur mémoire du processeur et par le système d’exploitation. Par exemple, certaines éditions de Windows 11 prennent en charge jusqu’à plusieurs téraoctets de RAM, ce qui est largement suffisant pour les besoins actuels. Ce vaste espace d’adressage permet non seulement de gérer beaucoup plus de mémoire physique, mais aussi d’allouer des espaces mémoire virtuels très larges à chaque application, ce qui simplifie la gestion des gros fichiers, des bases de données et des machines virtuelles.

Instructions SSE2, SSE3, AVX et performances accrues en calcul intensif

L’architecture x64 s’accompagne également d’un enrichissement des jeux d’instructions SIMD (Single Instruction, Multiple Data) comme SSE2, SSE3, SSE4, AVX, AVX2, puis AVX‑512 sur certaines gammes. Ces instructions permettent de réaliser une même opération sur plusieurs données à la fois, par exemple additionner huit nombres flottants en une seule instruction. Pour le traitement d’images, l’encodage vidéo, le chiffrement ou encore l’intelligence artificielle, ces extensions représentent un gain de performance considérable par rapport au jeu d’instructions x86 de base.

Concrètement, lorsque vous lancez un logiciel de montage vidéo ou un jeu récent sur un Windows x64, le processeur exploite ces instructions avancées pour accélérer les calculs graphiques, physiques ou audio. Les compilateurs modernes (Visual Studio, GCC, Clang) génèrent automatiquement du code optimisé pour ces jeux d’instructions lorsqu’ils détectent une cible x64. C’est l’une des raisons pour lesquelles, à matériel équivalent, une application 64 bits bien conçue peut être sensiblement plus rapide que sa version 32 bits, en particulier sur les charges de travail intensives.

Différences techniques entre x86 et x64 : performances, limitations mémoire et compatibilité

Maintenant que l’on a vu d’où viennent x86 et x64, quelles sont concrètement les différences pour vous, utilisateur Windows ? Au‑delà de la simple étiquette 32 bits ou 64 bits, ces architectures impactent la quantité de RAM exploitable, la vitesse d’exécution de certaines applications et la compatibilité des programmes. Choisir entre Windows x86 et x64 revient un peu à choisir entre une route étroite et une autoroute : les deux permettent d’arriver à destination, mais l’une est mieux adaptée au trafic moderne.

Limite RAM : barrière des 4 go en x86 versus 128 go et plus en x64

Sur un Windows 32 bits (x86), l’espace d’adressage théorique est limité à 4 Go. En pratique, une partie de cet espace est réservée au noyau, aux pilotes et aux périphériques (carte graphique, BIOS, etc.), si bien que la mémoire réellement utilisable par les applications se situe plutôt autour de 3 à 3,5 Go. Même si vous installez 8 Go de RAM dans votre machine, un Windows x86 ne pourra pas en tirer pleinement parti. Pour les usages légers (bureautique simple, navigation Web modérée), cela peut encore suffire, mais pour des applications lourdes, la limite est rapidement atteinte.

À l’inverse, un Windows x64 peut gérer des quantités de RAM bien supérieures. Selon l’édition, Windows 10 et Windows 11 64 bits supportent de 128 Go à plusieurs téraoctets de mémoire. Chaque processus peut également disposer d’un espace virtuel largement suffisant pour charger de gros projets, des textures haute définition ou plusieurs machines virtuelles. Pour un usage moderne (multitâche intensif, navigation avec de nombreux onglets, logiciels professionnels), le 64 bits est donc devenu indispensable dès que l’on dépasse 4 ou 8 Go de RAM installée.

Gestion PAE (physical address extension) et contournement partiel en x86

Pour contourner partiellement la limite des 4 Go sur les processeurs x86, Intel a introduit la technologie PAE (Physical Address Extension). PAE permet à un processeur 32 bits d’adresser jusqu’à 64 Go de mémoire physique en élargissant les adresses physiques à 36 bits, tout en conservant des adresses virtuelles de 32 bits pour chaque processus. En théorie, cela permet à un système 32 bits de gérer plus de 4 Go de RAM au niveau global, même si chaque application individuelle reste cantonnée à son espace de 4 Go maximum.

Dans la pratique, l’utilisation de PAE sous Windows x86 est restée limitée. Sur les éditions clientes de Windows (XP, Vista, 7), Microsoft impose volontairement une limite à 4 Go de RAM exploitables, principalement pour des raisons de compatibilité des pilotes et de stabilité. PAE a surtout été utilisé sur les éditions serveur de Windows et sur certaines distributions Linux 32 bits pour des usages spécifiques. Pour un PC de bureau grand public, basculer vers un système d’exploitation x64 reste la solution la plus simple et la plus efficace pour exploiter plus de 4 Go de RAM, sans les complexités supplémentaires de PAE.

Mode de compatibilité et exécution native des applications 32-bit sur windows 64-bit

Une question revient souvent : peut-on exécuter des applications 32 bits sur un Windows 64 bits ? La réponse est oui, grâce à une couche de compatibilité intégrée appelée WOW64 (Windows‑on‑Windows 64). Ce composant permet à Windows x64 d’exécuter nativement des programmes x86 32 bits dans un environnement isolé, avec ses propres dossiers système et ses propres bibliothèques. Pour l’utilisateur, l’expérience est transparente : vous installez l’application 32 bits, vous la lancez, et elle fonctionne comme sur un Windows 32 bits classique.

En revanche, l’inverse n’est pas possible : un Windows x86 ne peut pas exécuter une application compilée exclusivement pour x64, car les instructions et la taille des pointeurs ne sont pas compatibles. De plus, sur un Windows 64 bits, les pilotes doivent eux aussi être 64 bits, même si les applications, elles, peuvent rester 32 bits. C’est particulièrement important pour les périphériques anciens : si le fabricant n’a jamais publié de pilote 64 bits (imprimante, carte son, matériel spécialisé), il peut être impossible de l’utiliser sur un Windows x64 récent.

Installation et choix entre windows x86 et x64 : critères de décision selon le matériel

Faut‑il encore installer un Windows 32 bits aujourd’hui ? Dans la majorité des cas, la réponse est non. Toutefois, certaines configurations très spécifiques (anciens PC, matériels industriels, logiciels métiers incompatibles) peuvent encore justifier le choix d’un système x86. Pour tous les autres utilisateurs, choisir un Windows 64 bits est non seulement recommandé, mais souvent obligatoire, notamment avec Windows 11 qui n’existe plus en édition 32 bits.

Vérification du support processeur : intel core, AMD ryzen et compatibilité 64-bit

Avant de choisir entre Windows x86 et x64, la première étape consiste à vérifier si votre processeur prend en charge le 64 bits. La bonne nouvelle, c’est que pratiquement tous les processeurs Intel Core (à partir des Core 2 Duo) et AMD Ryzen/Athlon sortis depuis plus de dix ans sont compatibles x64. Sur un PC Windows existant, vous pouvez consulter les propriétés du système : si la mention « processeur x64 » apparaît et que le système d’exploitation est 32 bits, vous pouvez envisager de migrer vers un Windows 64 bits pour exploiter pleinement votre matériel.

Si vous prévoyez d’acheter un nouveau PC ou de monter une configuration, vous n’aurez généralement pas à vous poser la question : tous les processeurs récents sont conçus pour le 64 bits et les OEM installent d’office une édition x64 de Windows. La seule véritable contrainte concerne les très anciens PC (avant 2005 environ), qui peuvent être limités au 32 bits ou manquer de puissance et de mémoire pour exécuter confortablement un Windows moderne. Dans ce cas, rester sur un système léger 32 bits ou se tourner vers une distribution Linux adaptée peut être plus judicieux.

Pilotes et compatibilité logicielle : limitations des programmes 16-bit en x64

Sur Windows x64, les applications 32 bits sont globalement bien prises en charge, mais les programmes 16 bits (typiques de l’ère MS‑DOS ou Windows 3.x) ne peuvent plus être exécutés directement. En effet, la couche de compatibilité NTVDM (NT Virtual DOS Machine), présente dans certaines éditions 32 bits de Windows, n’est pas disponible en 64 bits. Si vous devez encore utiliser un ancien logiciel 16 bits indispensable, il faudra recourir à une machine virtuelle (par exemple un Windows XP 32 bits dans VirtualBox) ou à un émulateur comme DOSBox.

Du côté des pilotes, la règle est stricte : un Windows x64 exige des pilotes 64 bits signés numériquement. C’est un élément central du modèle de sécurité moderne de Windows, mais cela signifie aussi que de vieux périphériques, dont le fabricant n’a jamais publié de pilotes 64 bits, deviennent inutilisables sur un système récent. Avant de migrer un poste professionnel vers Windows 64 bits, il est donc essentiel de vérifier la disponibilité des pilotes pour les imprimantes, scanners, cartes d’acquisition ou tout matériel spécialisé encore en production.

Windows 10/11 x64 : abandon progressif des versions 32-bit par microsoft

Microsoft a progressivement réduit le rôle des éditions x86 de Windows au fil des années. Windows 10 est le dernier système grand public à avoir proposé officiellement une édition 32 bits, mais même là, la plupart des fabricants de PC ont choisi de préinstaller la version x64. Avec l’arrivée de Windows 11, la transition est actée : il n’existe plus de version 32 bits du système, et un processeur 64 bits compatible est une condition minimale pour l’installation. L’ère des systèmes d’exploitation Windows x86 touche donc clairement à sa fin.

Pour les utilisateurs encore sous Windows 7 ou 10 en 32 bits, la migration vers une édition 64 bits nécessite une réinstallation complète : on ne peut pas simplement mettre à jour un système x86 vers x64 sur place. Il faut sauvegarder ses données, créer un support d’installation 64 bits, réinstaller Windows, puis réinstaller les applications compatibles. Cela peut sembler contraignant, mais c’est souvent le seul moyen de profiter de plus de 4 Go de RAM et des dernières fonctionnalités de sécurité et de performance offertes par Windows 10/11 x64.

Performance et optimisation : benchmarks comparatifs entre systèmes x86 et x64

Sur le plan des performances pures, un même processeur exécutant un Windows 64 bits et une application compilée en x64 peut se montrer sensiblement plus rapide qu’avec la version 32 bits du système et du programme. Pourquoi ? D’abord parce que les applications 64 bits disposent de plus de registres et peuvent réduire les accès mémoire, ce qui améliore l’efficacité du code. Ensuite, parce qu’elles peuvent manipuler directement de grandes quantités de données (fichiers, tableaux en mémoire) sans recourir à des artifices comme le découpage en blocs ou la gestion manuelle de la mémoire au‑delà de 4 Go.

Les benchmarks synthétiques et applicatifs montrent généralement un gain de quelques pourcents à plusieurs dizaines de pourcents selon les charges de travail. Par exemple, les logiciels de compression/décompression, de rendu 3D ou de montage vidéo profitent particulièrement du 64 bits et des instructions SIMD modernes. Pour des tâches plus modestes (bureautique, navigation), la différence reste moins perceptible au quotidien, mais la possibilité d’ouvrir davantage d’onglets, de lancer plusieurs applications simultanément et de gérer plus de RAM se traduit par une expérience globale plus fluide.

Il existe toutefois un revers : les applications 64 bits ont des pointeurs plus larges, ce qui peut légèrement augmenter leur consommation mémoire pour une même quantité de données. Sur une machine très limitée en RAM (2 Go ou moins), une application 32 bits bien optimisée peut parfois se montrer plus frugale. Mais dans le contexte actuel, où la plupart des PC récents disposent d’au moins 8 Go de RAM, cet inconvénient est largement compensé par les gains de performances et de capacités qu’offre l’architecture x64.

Programme files et program files (x86) : organisation du système de fichiers windows 64-bit

Si vous utilisez déjà un Windows 64 bits, vous avez sans doute remarqué la présence de deux dossiers distincts : C:Program Files et C:Program Files (x86). Cette organisation peut sembler déroutante au premier abord, mais elle joue un rôle clé dans la gestion de la compatibilité entre applications 32 bits et 64 bits. Concrètement, Windows installe par défaut les programmes 64 bits dans Program Files, tandis que les applications 32 bits sont dirigées vers Program Files (x86). Cela permet d’éviter les conflits entre bibliothèques partagées (DLL) de différentes architectures.

La couche WOW64 intercepte les accès des applications 32 bits au système de fichiers et au registre pour les rediriger vers les emplacements appropriés. Par exemple, une application 32 bits qui pense écrire dans C:Program Files est en réalité redirigée vers Program Files (x86), ce qui garantit qu’elle charge bien les DLL 32 bits correspondantes. De même, le registre Windows est partiellement virtualisé pour séparer les clés utilisées par les applications 32 bits et 64 bits. Pour vous, utilisateur, cela se traduit par une cohabitation relativement transparente des deux types de programmes sur un même système.

Comprendre cette organisation est utile lorsqu’on dépanne un logiciel ou qu’on cherche à copier manuellement des fichiers d’application. Si un programme 32 bits tente de charger une DLL 64 bits (ou l’inverse), il échouera avec des messages d’erreur parfois obscurs. En vérifiant dans quel dossier le logiciel est installé et en s’assurant que ses dépendances correspondent bien à la même architecture (x86 ou x64), on évite une bonne partie de ces problèmes. En résumé, ces deux répertoires Program Files sont l’une des briques essentielles qui permettent à Windows 64 bits de concilier modernité et compatibilité héritée avec l’écosystème x86 historique.