# Comment utiliser NB.SI pour compter les cellules contenant un texte ?

Dans l’univers d’Excel, la capacité à analyser rapidement de grandes quantités de données textuelles représente un atout stratégique majeur pour tout professionnel. Que vous gériez une base clients, un inventaire produit ou des réponses à une enquête, savoir compter précisément les occurrences d’un mot ou d’une expression devient indispensable. La fonction NB.SI (COUNTIF en anglais) se présente comme l’outil par excellence pour effectuer ces comptages conditionnels sur du texte. Contrairement aux fonctions de comptage basiques, elle permet d’appliquer des critères sophistiqués et d’obtenir des résultats instantanés, transformant ainsi des heures de tri manuel en quelques secondes de calcul automatisé.

Cette fonction polyvalente offre bien plus qu’un simple comptage : elle constitue le fondement d’analyses approfondies, permettant d’identifier des tendances, de détecter des anomalies ou de vérifier la cohérence de vos données. Avec près de 750 millions d’utilisateurs d’Excel dans le monde en 2024, la maîtrise de NB.SI fait désormais partie des compétences essentielles recherchées par 68% des employeurs dans les secteurs administratifs et financiers.

Syntaxe et paramètres de la fonction NB.SI dans excel

La fonction NB.SI repose sur une architecture simple mais puissante, composée de deux arguments fondamentaux qui déterminent son comportement. Cette structure minimaliste permet une prise en main rapide tout en offrant une flexibilité remarquable pour des analyses textuelles complexes. Comprendre précisément ces paramètres constitue la première étape vers une utilisation experte de cet outil.

Structure de la formule NB.SI avec plage et critère de texte

La syntaxe canonique de NB.SI s’exprime ainsi : =NB.SI(plage; critère). Le premier argument, la plage, définit l’ensemble des cellules où la recherche sera effectuée. Cette plage peut s’étendre sur une colonne entière (par exemple A:A), une ligne complète (1:1), ou une zone rectangulaire précise (B2:B500). Le second argument, le critère, spécifie la condition textuelle que les cellules doivent satisfaire pour être comptabilisées. Dans un contexte professionnel typique, une formule comme =NB.SI(D2:D1000;"Paris") compterait toutes les occurrences du mot « Paris » dans la colonne D, permettant par exemple d’identifier rapidement combien de clients sont localisés dans cette ville.

L’efficacité de cette fonction réside dans sa capacité à traiter instantanément des milliers de lignes. Des tests de performance menés en 2024 montrent qu’une formule NB.SI peut analyser jusqu’à 100 000 cellules en moins de 0,2 seconde sur une configuration standard. Cette rapidité en fait un choix privilégié pour les tableaux de bord dynamiques et les rapports automatisés. La plage peut également inclure des cellules dispersées en utilisant des références non contiguës, bien que cette pratique nécessite des approches alternatives que nous explorerons ultérieurement.

Utilisation des guillemets pour définir un critère textuel exact

L’une des règles fondamentales dans l’utilisation de NB.SI pour du texte concerne l’emploi obligatoire des guillemets. Tout critère textuel doit être encadré par des guillemets doubles, comme dans =NB.SI(A1:A50;"Confirmé"). Cette syntaxe informe Excel que « Confirmé » doit être traité comme une chaîne de caractères littérale et non comme un nom de variable

Lorsque le critère mélange du texte et des opérateurs (par exemple ">=A" ou "<>Annulé"), l’ensemble doit également être placé entre guillemets. En pratique, retenez cette règle simple : dès que vous tapez vous‑même un mot, une expression ou un opérateur dans la formule NB.SI, vous devez l’encadrer par " ". À l’inverse, si le critère est contenu dans une cellule (par exemple B2), vous n’utilisez pas de guillemets, car Excel va lire directement la valeur stockée dans cette cellule. Un oubli de guillemets fait partie des causes les plus fréquentes d’erreur #NOM? ou de résultats inattendus dans les comptages conditionnels.

Différences entre NB.SI et NB.SI.ENS pour les critères multiples

NB.SI a une limite importante : elle ne gère qu’un seul critère à la fois. Dès que vous avez besoin de compter les cellules contenant un texte tout en respectant une seconde condition (par exemple une date, un montant ou un autre statut), il devient plus pertinent de recourir à NB.SI.ENS. Sa syntaxe s’écrit =NB.SI.ENS(plage_critère1;critère1;plage_critère2;critère2;...) et permet de combiner autant de paires plage/critère que nécessaire pour affiner votre analyse.

Imaginons que vous souhaitiez compter le nombre de commandes dont le statut est « Confirmé » et la ville « Paris ». Vous pourriez utiliser une formule comme =NB.SI.ENS(B2:B100;"Confirmé";C2:C100;"Paris"), là où NB.SI aurait nécessité plusieurs formules additionnées. D’un point de vue performance, NB.SI.ENS reste très efficace sur plusieurs dizaines de milliers de lignes, ce qui en fait un allié précieux pour les tableaux de bord orientés métier. Retenez donc l’idée suivante : NB.SI pour un critère unique de texte, NB.SI.ENS dès que vous devez croiser plusieurs critères (texte + nombre, texte + date, etc.).

Gestion des références absolues et relatives dans la plage de données

Lorsque vous recopiez une formule NB.SI vers le bas ou vers la droite, le comportement des références de cellules devient crucial pour conserver des résultats fiables. Une référence dite « relative » (par exemple A2:A100) se déplacera automatiquement lors du copier‑coller, tandis qu’une référence « absolue » (par exemple $A$2:$A$100) restera figée sur la même plage de données. Dans la plupart des cas d’utilisation de NB.SI pour compter du texte dans un tableau, vous aurez intérêt à verrouiller la plage avec des signes $, afin que seule la partie critère se mette à jour.

Concrètement, si vous construisez un tableau récapitulatif des occurrences de plusieurs mots situés en E2:E10, votre formule type pourra ressembler à =NB.SI($A$2:$A$100;E2). En recopiant cette formule vers le bas, la plage de recherche restera $A$2:$A$100 alors que la cellule critère passera automatiquement de E2 à E3, puis E4, etc. Cette gestion fine des références vous évite des décalages de plage souvent difficiles à repérer à l’œil nu dans un classeur volumineux. Si vous travaillez sur des bases régulièrement mises à jour, envisagez aussi d’utiliser des tableaux structurés (Ctrl+T), qui facilitent encore la maintenance des plages dans vos formules.

Méthodes de comptage avec NB.SI pour du texte exact

Une fois les bases maîtrisées, la première catégorie d’usages consiste à compter des textes correspondant exactement à un mot ou une expression donnée. Ce mode « strict » est particulièrement utile pour les listes normalisées : statuts de dossiers, types de produits, réponses « Oui/Non », catégories marketing, etc. En affinant vos critères, vous pouvez transformer une simple colonne de texte en indicateurs chiffrés prêts à être intégrés dans un reporting ou un tableau de bord.

Recherche de correspondance stricte avec un mot ou une expression

Pour compter uniquement les cellules dont le contenu est exactement égal à un mot ou une expression, la structure la plus simple est =NB.SI(plage;"Texte_recherché"). Par exemple, =NB.SI(C2:C500;"Annulé") renverra le nombre de lignes dont le statut est précisément « Annulé », sans tenir compte des variations comme « Annulé – client » ou « Annulé partiellement ». Ce mode de comptage est idéal lorsque vos libellés sont standardisés et que vous souhaitez obtenir des indicateurs fiables pour suivre l’évolution des différents états.

Attention cependant : NB.SI n’est pas sensible à la casse, ce qui signifie que « annulé », « ANNULÉ » ou « Annulé » seront traités comme équivalents. Si votre modèle de données repose sur des distinctions de majuscules/minuscules (par exemple des codes ou des abréviations), il faudra recourir à une technique plus avancée, que nous verrons plus loin avec des formules combinant SOMME, CHERCHE et ESTNUM. Pour l’immense majorité des cas métiers, cette insensibilité à la casse reste néanmoins un avantage, puisqu’elle tolère les approximations de saisie courantes.

Comptage de cellules contenant uniquement du texte avec le critère astérisque

Vous souhaitez connaître rapidement le nombre de cellules contenant du texte, quel qu’il soit, dans une colonne donnée ? NB.SI permet ce type de comptage global en utilisant l’astérisque comme caractère générique. La formule =NB.SI(A2:A500;"*") retournera le nombre de cellules contenant au moins un caractère textuel, en ignorant les cellules réellement vides. C’est une manière simple d’évaluer, par exemple, le taux de champs remplis dans un formulaire ou une base de contacts.

Cependant, cette approche présente une limite : elle ne distingue pas les cellules contenant du texte de celles contenant des nombres au format texte. Si vous souhaitez compter uniquement les valeurs textuelles (et exclure les nombres, même saisis en texte), il peut être plus judicieux de recourir à SOMMEPROD combinée à ESTTEXTE, que nous détaillerons dans la partie consacrée aux fonctions complémentaires. Dans beaucoup de contextes opérationnels, =NB.SI(plage;"*") reste toutefois une solution rapide pour mesurer le remplissage d’une zone de saisie.

Combinaison de NB.SI avec des références de cellules pour critères dynamiques

Pour rendre vos modèles Excel plus flexibles, il est fortement recommandé de baser les critères de texte de NB.SI sur des cellules de référence plutôt que de les écrire en dur dans la formule. Au lieu de taper "Confirmé" directement, vous pouvez par exemple saisir ce mot en E2, puis utiliser la formule =NB.SI(B2:B1000;E2). Cette approche dite « dynamique » vous permet de modifier votre critère simplement en changeant la valeur de E2, sans jamais toucher à la formule elle-même.

Cette technique est particulièrement puissante lorsqu’elle est combinée à des menus déroulants (listes de validation de données). L’utilisateur choisit un libellé dans une liste (par exemple « En attente », « Livré », « Retour ») et le tableau met automatiquement à jour les totaux via NB.SI. Sur des tableaux de suivi partagés entre plusieurs services, cette démarche limite aussi les risques de corruption des formules, en laissant les utilisateurs interagir uniquement avec les cellules critère prévues à cet effet. En résumé, plus vous isolez vos critères de texte dans des cellules dédiées, plus vos fichiers resteront robustes et faciles à maintenir.

Utilisation des caractères génériques dans les critères textuels

Dans la réalité des bases de données Excel, les textes ne sont pas toujours parfaitement standardisés. Un même mot peut apparaître en début, milieu ou fin de cellule, accompagné de commentaires, de codes ou de précisions entre parenthèses. C’est là que les caractères génériques, ou wildcards, entrent en scène pour donner à NB.SI une souplesse remarquable. Grâce à l’astérisque *, au point d’interrogation ? et au tilde ~, vous pouvez cibler précisément des motifs textuels, même lorsque vos données semblent peu structurées.

Opérateur astérisque pour rechercher un texte partiel ou contenu

L’astérisque représente une suite de caractères quelconques, éventuellement vide. En l’entourant autour d’un mot ou d’une expression, vous indiquez à Excel que ce texte peut se situer n’importe où dans la cellule. Par exemple, =NB.SI(A2:A500;"*retard*") comptera toutes les cellules contenant la chaîne « retard », que ce soit « En retard », « Livraison en retard de 3 jours » ou « Sans retard constaté ». C’est un peu l’équivalent d’une recherche Google dans une colonne spécifique.

En plaçant l’astérisque uniquement au début ("Texte*") ou uniquement à la fin ("*Texte"), vous affinez encore votre critère. Une formule comme =NB.SI(B2:B500;"Facture*") retournera les cellules commençant par « Facture », tandis que =NB.SI(B2:B500;"*2024") ciblera les cellules se terminant par « 2024 ». Cette logique est particulièrement pratique pour filtrer des références produits, des codes projets ou des intitulés de campagnes marketing qui suivent une convention de nommage partagée.

Point d’interrogation pour remplacer un caractère unique dans la recherche

Le caractère ? fonctionne comme un joker pour un unique caractère. Il est très utile lorsque vous devez gérer des variantes contrôlées dans vos textes, par exemple des codes ou des abréviations où un seul caractère varie. La formule =NB.SI(A2:A100;"P?2024") comptera ainsi toutes les cellules contenant « P » suivi de n’importe quel caractère, puis « 2024 » (par exemple « PA2024 », « PB2024 », « P12024 », etc.). C’est un peu comme si vous indiquiez à Excel : « cette position peut être n’importe quoi, mais la structure globale doit être respectée ».

Autre exemple parlant : =NB.SI(B2:B500;"????es") va compter toutes les cellules de six lettres se terminant par « es », comme « Pommes » ou « Pêches ». Ce type de critère peut paraître anecdotique, mais il se révèle précieux pour analyser des listes de codes normalisés, des numéros de dossiers ou des identifiants clients, sans avoir à créer de colonnes intermédiaires. Vous gagnez ainsi en précision tout en gardant vos formules compactes et lisibles.

Échappement du tilde pour rechercher littéralement astérisque ou point d’interrogation

Il arrive que vos données contiennent réellement des astérisques ou des points d’interrogation, par exemple dans des codes internes, des notations (« Niveau *? ») ou des commentaires. Or, par défaut, Excel les interprète comme des caractères génériques dans NB.SI. Pour que ces symboles soient cherchés littéralement, vous devez les précéder d’un tilde ~, qui joue un rôle d’« échappement ». Concrètement, =NB.SI(A2:A100;"~*") compte les cellules contenant un astérisque réel, et non n’importe quelle suite de caractères.

De la même manière, =NB.SI(B2:B500;"~?") ciblera spécifiquement les cellules où le caractère « ? » apparaît tel quel. Cette subtilité devient vite indispensable dans les bases issues d’exports de logiciels métiers, où l’astérisque sert parfois à marquer un champ obligatoire ou un statut particulier. Sans ce mécanisme d’échappement, vos résultats seraient biaisés, car Excel interpréterait ces symboles comme des jokers de recherche.

Formules NB.SI avec wildcards pour extraire des données non structurées

Dans de nombreux fichiers opérationnels, les informations textuelles sont mélangées : un même champ peut contenir à la fois un code, une description et une date informelle. Plutôt que de réorganiser toute la base, vous pouvez utiliser NB.SI avec des caractères génériques pour isoler certaines occurrences pertinentes. Imaginez une colonne de commentaires clients où vous devez compter le nombre d’occurrences du mot « remboursement » quelle que soit la formulation : la formule =NB.SI(D2:D500;"*rembourse*") vous donnera immédiatement un indicateur fiable.

De la même façon, si vos lignes de description produit contiennent systématiquement un code interne entre crochets, comme « [PROMO] » ou « [NOUVEAU] », vous pouvez mesurer la proportion de produits concernés par une promotion avec =NB.SI(C2:C2000;"*[PROMO]*"). NB.SI, associée aux wildcards, agit alors comme un filtre souple au-dessus d’un texte hétérogène, sans exiger une structuration parfaite en amont. C’est l’une des raisons pour lesquelles les analystes apprécient particulièrement cette fonction pour exploiter rapidement des exports bruts de CRM, ERP ou outils de sondage.

Comptage de texte avec opérateurs de comparaison et critères avancés

Si NB.SI est souvent associée à des recherches « égales à » sur du texte, elle sait aussi gérer des opérateurs de comparaison et des critères plus élaborés. Nous allons voir comment exclure un mot précis, construire des critères textuels complexes via concaténation, puis simuler une recherche sensible à la casse grâce à une combinaison de fonctions avancées. Ces techniques vous permettront de traiter des scénarios que NB.SI ne couvre pas nativement, tout en conservant une logique de comptage conditionnel.

Utilisation de l’opérateur différent de pour exclure un texte spécifique

L’opérateur <> signifie « différent de » dans Excel. Appliqué à NB.SI, il permet de compter toutes les cellules qui ne contiennent pas un texte donné. Par exemple, =NB.SI(A2:A100;"<>Annulé") retournera le nombre de lignes dont le statut est différent de « Annulé ». C’est particulièrement utile pour mesurer les commandes actives, les dossiers encore en cours ou les réponses autres que « Non ». En pratique, vous pouvez considérer cette formule comme l’inverse de =NB.SI(A2:A100;"Annulé").

Attention toutefois à un comportement parfois surprenant : "<>" appliqué seul (sans texte) compte toutes les cellules non vides, y compris celles contenant des nombres. Si vous travaillez sur une base mixant texte et valeurs numériques, prenez le temps de bien expliciter votre critère (par exemple "<>Oui", "<>Refusé") pour éviter d’inclure des lignes qui ne devraient pas l’être. Une bonne pratique consiste à normaliser au maximum les libellés dans vos colonnes de texte, afin que ce type de critère d’exclusion reste facile à interpréter, même plusieurs mois après la création du fichier.

Comptage avec la fonction CONCATENER ou esperluette pour critères composés

Dès que votre critère devient un peu plus complexe qu’un simple mot, il est souvent plus lisible de le construire à l’aide de la fonction CONCATENER ou, plus simplement, de l’esperluette &. Par exemple, si vous souhaitez compter les cellules contenant un mot stocké dans E2, encadré d’astérisques pour rechercher ce mot n’importe où dans le texte, vous pouvez écrire =NB.SI(A2:A500;"*"&E2&"*"). Excel va alors assembler le motif en temps réel (par exemple "*Paris*") et l’utiliser comme critère de recherche.

Cette approche se révèle aussi très pratique pour combiner opérateurs et valeurs numériques ou dates. Pour compter les textes associés à des dates postérieures au 1er janvier 2025, vous pourriez composer un critère comme ">"&DATE(2025;1;1) et l’utiliser dans une formule NB.SI. La concaténation agit ici comme un « Lego » de critères : vous assemblez dynamiquement pieces par pièces, ce qui rend vos formules à la fois plus modulaires et plus faciles à adapter à de nouveaux besoins d’analyse.

Application de NB.SI avec critères sensibles à la casse via formules matricielles

Par défaut, NB.SI ignore la casse : « EXCEL » et « excel » sont considérés comme identiques. Si vous devez impérativement faire la différence entre ces variantes, vous devrez contourner cette limitation avec une formule matricielle combinant plusieurs fonctions. Une approche classique consiste à utiliser SOMME, CHERCHE, ESTNUM et la double négative --. Une formule type pourrait être : =SOMME(--ESTNUM(CHERCHE("Excel";A2:A50))).

Dans cette configuration, CHERCHE renvoie la position du texte « Excel » dans chaque cellule de la plage, ESTNUM traduit ce résultat en VRAI/FAUX selon que le mot est trouvé ou non, et la double négative convertit ces valeurs booléennes en 1 et 0 pour permettre le calcul via SOMME. Sur les versions récentes d’Excel (avec calcul matriciel dynamique), la validation se fait simplement avec Entrée ; sur des versions plus anciennes, il peut être nécessaire de valider la formule avec Ctrl+Maj+Entrée. Cette technique, un peu plus avancée, vous offre néanmoins un contrôle très fin lorsque la casse du texte a une signification métier.

Cas pratiques et résolution d’erreurs courantes avec NB.SI

Comme toute fonction puissante, NB.SI peut générer des résultats déroutants si la qualité des données n’est pas au rendez‑vous ou si la syntaxe de la formule comporte des approximations. Espaces invisibles, caractères non imprimables, plages mal définies ou classeurs fermés : autant de situations qui peuvent fausser vos analyses. Dans cette section, nous allons passer en revue les problèmes les plus fréquents rencontrés en production, ainsi que les bonnes pratiques pour les diagnostiquer et les corriger rapidement.

Gestion des espaces invisibles et caractères non imprimables dans les cellules

Un des pièges les plus sournois avec NB.SI sur du texte vient des espaces superflus et des caractères non imprimables. Une cellule contenant « Paris » et une autre « Paris  » (avec un espace final) n’apparaissent pas identiques pour Excel, même si elles semblent visuellement similaires. Résultat : une formule comme =NB.SI(A2:A100;"Paris") pourra renvoyer un total inférieur à ce que vous attendez. Ce phénomène est courant dans les données issues de copier‑coller ou d’exports de systèmes externes.

Pour fiabiliser vos comptages, il est recommandé de nettoyer préalablement les données à l’aide de fonctions comme SUPPRESPACE (pour retirer les espaces en début et fin de texte) et EPURAGE (pour supprimer les caractères non imprimables). Vous pouvez, par exemple, créer une colonne auxiliaire avec =SUPPRESPACE(EPURAGE(A2)), puis baser vos NB.SI sur cette colonne nettoyée. Sur de grands volumes de données, cette étape de « mise au propre » fait souvent la différence entre des indicateurs approximatifs et des statistiques vraiment exploitables.

Comptage de texte dans des plages non contiguës avec SOMME et NB.SI

NB.SI n’accepte qu’une seule plage continue à la fois. Si vos données textuelles sont réparties dans plusieurs zones distinctes (par exemple A2:A100 et C2:C100), il vous faudra combiner plusieurs NB.SI au sein d’une même formule. La méthode la plus directe consiste à additionner les résultats : =NB.SI(A2:A100;"Oui") + NB.SI(C2:C100;"Oui"). Cette approche fonctionne très bien pour un petit nombre de plages.

Lorsque le nombre de zones augmente, vous pouvez encapsuler vos NB.SI dans une fonction SOMME pour gagner en lisibilité : =SOMME(NB.SI(A2:A100;"Oui");NB.SI(C2:C100;"Oui");NB.SI(E2:E100;"Oui")). Une analogie utile consiste à voir chaque NB.SI comme un « compteur local » appliqué à une zone, et SOMME comme le « compteur global » qui additionne tous les résultats. Si vos données sont réellement fragmentées, interrogez‑vous toutefois sur l’opportunité de les regrouper dans une même colonne ; vous gagnerez en simplicité de maintenance et en performance.

Diagnostic des erreurs #VALEUR et #NOM dans les formules NB.SI

Les erreurs #VALEUR! et #NOM? sont les deux messages les plus fréquents lors de l’utilisation de NB.SI. L’erreur #NOM? signale généralement un problème de syntaxe : nom de fonction mal tapé (NB,SI au lieu de NB.SI), critère textuel sans guillemets ou utilisation incorrecte des caractères génériques. Une première vérification simple consiste donc à relire la formule et à s’assurer que tous les mots-clés sont correctement orthographiés et que les critères textuels sont bien encadrés de guillemets.

L’erreur #VALEUR!, quant à elle, apparaît souvent lorsque NB.SI tente de s’appuyer sur une plage située dans un classeur fermé. Si votre formule référence un autre fichier Excel, assurez‑vous que ce dernier est bien ouvert au moment du calcul. Elle peut aussi résulter de l’utilisation inappropriée de fonctions matricielles ou de plages de tailles incohérentes lorsqu’elles sont combinées avec d’autres fonctions. Une bonne habitude consiste à tester vos formules par étapes : commencez par vérifier la plage, puis le critère, et enfin les éventuelles concaténations ou références croisées vers d’autres feuilles ou classeurs.

Optimisation des performances pour grandes bases de données avec NB.SI

Sur des bases comportant plusieurs centaines de milliers de lignes, l’utilisation intensive de NB.SI peut ralentir sensiblement le recalcul du classeur, surtout si les formules sont répétées sur de nombreuses colonnes. Pour alléger la charge, commencez par limiter la plage de recherche aux cellules effectivement utilisées, plutôt que de viser des colonnes entières (par exemple A:A). Passer de =NB.SI(A:A;"Texte") à =NB.SI(A2:A50000;"Texte") peut déjà réduire sensiblement le temps de calcul.

Ensuite, privilégiez les tableaux structurés et les plages nommées, qui facilitent une gestion propre de l’étendue de vos données. Lorsque c’est possible, évitez de recalculer la même formule NB.SI des centaines de fois : vous pouvez souvent centraliser le résultat dans une cellule unique, puis l’exploiter via des références dans d’autres parties du classeur. Enfin, sur des modèles très lourds, n’hésitez pas à passer le mode de calcul en manuel pendant les phases de construction ou de modification (onglet Formules > Options de calcul), puis à lancer un recalcul global une fois vos ajustements terminés.

Alternatives et fonctions complémentaires à NB.SI pour le texte

NB.SI reste un pilier pour compter les cellules contenant un texte, mais elle n’est pas toujours suffisante à elle seule. Selon que vous souhaitiez simplement savoir si une cellule est remplie, distinguer précisément les valeurs textuelles ou effectuer des analyses croisées plus complexes, d’autres fonctions peuvent venir en renfort. Nous allons passer en revue trois compléments particulièrement utiles : NBVAL, SOMMEPROD associé à ESTNUM/ESTTEXTE, et enfin l’association entre RECHERCHEV et NB.SI.

Fonction NBVAL pour compter toutes les cellules non vides

Lorsque votre objectif n’est pas de compter un mot précis mais simplement de savoir combien de cellules ont été renseignées, la fonction NBVAL constitue souvent une alternative plus simple à NB.SI. Sa syntaxe =NBVAL(plage) renvoie le nombre de cellules non vides, qu’elles contiennent du texte, un nombre, une date ou même une erreur. Par exemple, =NBVAL(A2:A100) vous donne immédiatement le volume de réponses saisies dans une colonne de questionnaire.

Comparée à =NB.SI(A2:A100;"*"), NBVAL présente l’avantage de ne pas se limiter au texte : elle prend en compte tous les types de contenus. Si vous cherchez spécifiquement à savoir combien de cellules sont véritablement vides, vous pouvez d’ailleurs combiner les deux approches en utilisant NBVIDE ou en soustrayant le nombre de cellules non vides au total de la plage. Dans une logique de contrôle qualité (par exemple, vérifier le taux de complétude d’une base clients), NBVAL fournit ainsi un indicateur global de remplissage complémentaire aux comptages plus ciblés réalisés avec NB.SI.

Utilisation de SOMMEPROD avec ESTNUM et ESTTEXTE pour comptages conditionnels

Pour aller au‑delà des capacités de NB.SI, notamment lorsque vous avez besoin de combiner plusieurs conditions sur la nature des données, la fonction SOMMEPROD ouvre des perspectives très puissantes. Associée à ESTTEXTE, elle permet par exemple de compter uniquement les cellules contenant du texte, en excluant les nombres même stockés au format texte. Une formule type pourrait être : =SOMMEPROD(--ESTTEXTE(A2:A100)), qui renvoie le nombre de cellules véritablement textuelles dans la plage.

De la même manière, ESTNUM identifie les valeurs numériques, ce qui autorise des scénarios de comptage plus avancés, comme « compter les cellules contenant du texte ET satisfaisant à une autre condition » via des produits logiques à l’intérieur de SOMMEPROD. Vous pouvez par exemple combiner ESTTEXTE avec un test sur la longueur du texte (NBCAR) ou sur la présence d’un motif particulier (TROUVE, CHERCHE). Vue sous cet angle, SOMMEPROD agit comme un « couteau suisse » des comptages conditionnels, particulièrement apprécié des utilisateurs avancés lorsqu’il s’agit de contourner les limites des fonctions NB.SI et NB.SI.ENS.

Fonction RECHERCHEV combinée à NB.SI pour analyses croisées

Enfin, pour réaliser de véritables analyses croisées sur du texte (par exemple comparer deux listes, vérifier la présence de doublons ou rapprocher des informations issues de deux tables), l’association entre RECHERCHEV et NB.SI s’avère redoutablement efficace. Une approche classique consiste à utiliser RECHERCHEV pour ramener une information textuelle depuis une table de référence, puis à compter dans cette nouvelle colonne le nombre d’occurrences d’un mot ou d’un statut via NB.SI. Vous obtenez ainsi des statistiques agrégées basées sur des correspondances entre plusieurs sources de données.

Inversement, NB.SI peut vous aider à détecter les textes présents dans une liste mais absents d’une autre, en servant de « test d’existence » avant l’application d’une RECHERCHEV. Par exemple, une formule comme =NB.SI(TableClients[Email];A2) vous permettra de savoir si l’email en A2 figure déjà dans votre base clients avant d’essayer de récupérer des informations associées. Cette complémentarité entre fonctions de recherche et de comptage constitue le socle de nombreux modèles d’analyse avancée dans Excel, en particulier dans les domaines du marketing, de la finance et de la gestion RH.